[Chronique] JOHN RICHARDSON – The Fold

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos !
Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...
Herbert Al West - Réanimateur Recalé
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Il y a des fois, comme ça, sans prévenir, parfois venu de nulle part, un album déboule, et s’avère avoir été touché par une indubitable grâce, comme si quelque lumière divine était venue se poser sur la naissance de ce nouvel enfant. C’est comme ça, conjonction des étoiles, des planètes, du talent et d’une forte inspiration, très certainement !

A ceux qui attendent la nouvelle perle de death metal, de thrash mélodique ou de heavy traditionnel, il va falloir se faire à l’idée que je vais parler de tout autre chose ! Car ce qui nous arrive de Turku, Finlande, est tout simplement une perle de rock-folk. Enfin, rock folk, c’est pour coller une étiquette vite fait, car la chose est beaucoup plus complexe, influencée par l’épure du rock moderne, du mouvement minimaliste, par les accents complexes du rock progressif, quelques touches de jazz et de psychédélique, et des tas d’autres choses qu’il vous faudra chercher par vous-même ! Je ne vais quand même pas tout vous mâcher !

The Fold, c’est une musique qui se ressent plus qu’elle ne s’explique. Née de l’imaginaire du compositeur finlandais John Richardson, elle a mûri longtemps avant de s’exprimer. Le musicien est loin d’être novice en la matière. Son premier single, Long Man, date de 1989 ! Les critiques furent élogieuses, mais elles ne firent pas le succès du morceau, qui resta quant à lui confidentiel. De régulières collaborations le maintinrent dans le circuit musical, menées en parallèle avec une carrière de professeur d’université au département de musicologie et d’écrivain (le surréalisme dans la culture populaire, ça vous intéresse ?). Il joue aussi au sein de son groupe Slow Floe, ainsi qu’avec d’autres rencontres de passage.

Probablement que toutes ces expériences ont mûri lentement et nourri son imaginaire teinté de féerie. Et aujourd’hui arrive cet album à la pochette en parfait accord avec son contenu, légère et irréelle, rêveuse et envoûtante. Décrire l’album en devient difficile. Le plus simple serait pour moi de vous conseiller de l’écouter, mais j’ai comme dans l’idée que cela ne vous suffira pas et qu’il va falloir vous convaincre. Allons-y !

Sans pourtant y ressembler, l’album m’a rapidement fait penser au mythique Book of Shadows de Zakk Wylde, non pour sa sonorité bien moins rock, mais pour sa cohérence, son épure et sa beauté. On peut aussi le placer à côté d’un autre petit bijou méconnu, le Graceless Age de John Murry (ah, The Ballad of the Pajama Kid, rien que d’y penser, je plane !). Sanatorium, avec sa voix volontairement plus rauque, invoque les premiers albums du grand Tom Waits, dont John Richardson n’a jamais renié l’influence. Avec Riptide, on flirte avec la pop orchestrale de The Divine Comedy. Superbe morceau où trompette et guitare se donnent la réplique en accompagnant une voix très mélodieuse et inspirée. Birdman of Borgnor a quelque chose du Muse de l’époque Origin of Simmetry, avec sa rythmique entraînante et mélancolique à la fois, ses échos légèrement psychés et sa voix emportée par la force du morceau comme un frêle esquif secoué par un torrent furieux. Open Page a quelque chose du Bowie des débuts, avec son rock naïf et furieusement folk, morceau en forme de sac à dos pour un routard curieux de découvrir les surprises et rencontres de son voyage. C’est sombre aussi parfois, comme l’écho des cordes sur le prenant Brushfire clôturant l’album. On est souvent dans l’intimité avec John Richardson, qui tord sa voix pour mieux en tirer un filet d’émotions, accompagné ici d’un piano, là d’une trompette, d’une guitare acoustique ou électrique. Il nous emporte sur le titre éponyme, nous gorgeant de feeling et d’images positives remontant du plus profond de notre inconscient. La musique impose des images, devient son propre film, comme sur le fragile Tumbleweed Days, fruit de cette autre source d’inspiration que sont les compositeurs œuvrant pour le cinéma. Et au travers de chaque morceau souffle un élan de magie, porté par la voix cristalline, suffisamment discrète pour ne pas être forcément perceptible au premier abord, d’Anna-Elena Pääkkölä, la voix devenant instrument au même titre que flûtes et cordes tendues, cuivres et percussions.

 A savourer sans aucune modération, The Fold s’impose comme une invitation au voyage, au rêve, à la communion avec Dame Nature, comme le soulignent ces petits interludes ponctuant chaque titre en forme de chants d’oiseaux, d’eau qui s’écoule. Beau, vraiment très beau. Et j’espère maintenant vous avoir donné envie d’entamer le voyage.

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Site Officiel Slow Floe

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A propos Herbert Al West - Réanimateur Recalé
Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos ! Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...

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