[Chronique] HÜRLEMENT – La Mort Sera Belle

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
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Note : 9/10

De l’autre côté de l’Atlantique, à peine le cul posé sur le fauteuil molletonné cuir à 15000 boules la vachette élevée aux OGM, un petit blondinet a déjà aligné les signatures. On ne voyait pas, nous, 6 000 bornes plus loin, ce qui se tramait, ce qui allait nous arriver au coin de la figure. Des choses se préparaient et ça risquait bien de faire mal !

Visez plutôt !

Il fallait réagir ! Manif !!! Non au monopole des Américains !!! Pourquoi n’aurait-on pas droit aussi à notre MANOWAR !!!

C’est là que HÜRLEMENT, espoir de la mandale à la française, s’est décidé à intervenir en publiant chez nos amis d’EMANES METAL RECORDS « La Mort Sera Belle », son troisième opus. Il ne fallait pas les titiller les gars. Ils grognent, ils cognent, ils plantent, ces “Grenadiers”. Et quoi qu’on fasse, ils ne seront jamais défaits !

Certes, comme pour les précédents albums, les influences sont clairement affichées. Peut-être même encore davantage ici. Forcément, entre les arrangements de « Tribute To My Enemy » ou de la trilogie «Brothers In Arms », les cris perçants à la Adams sur un tumulte rythmique de fin de morceau, les aboiements rauques, les mots communs récurrents comme « brothers », « die », « sang », « glory », « guerrier », jusqu’à l’aigle impérial du visuel, l’idée est très nette en tête et elle aurait bien de quoi remballer les Américains. Il ne faudrait pas non plus omettre ce petit brin de RUNNING WILD, avec timbre de voix plus granuleux et pédale d’accélération teutonne (« Pavillon Noir » et « Brothers In Arms – Part III : Demon Warriors »). Et puis, hé, quand même, on trouve surtout du HÜRLEMENT dans ce disque.

Sans intro superflue, on est d’emblée cueilli par ce style développé tout au long de leur petite quinzaine d’années d’existence. On rentre directement dans le vif du sujet, le vif bien sanglant qui ne coagulera pas avant la fin de l’album. Huit titres dans lesquels on reconnaît ces mélodies de guitare aux consonances celtiques, où l’on replonge très facilement dans les suraigus caractéristiques de cette voix élastique qui ne semble connaître aucune limite et dont HÜRLEMENT tire largement sa puissance. Elle se place d’ailleurs encore un cran au dessus sur l’échelle de la progression. Si quelques imprécisions résidaient encore sur des passages du précédent album (je pense à «The Sign Of The Beast », par exemple), ici tout est juste et parfaitement maîtrisé. Comme à son habitude, Alexis oscille entre l’anglais et le français, permettant ainsi de n’oublier personne. Je trouve néanmoins plus percutante – et ceci sur l’ensemble de la discographie du groupe – l’utilisation de la langue natale, donnant davantage de couleur, d’impact et de personnalité aux textes épiques.

Bien sûr, le sujet est complètement cerné mais l’art de la chose fait que si rien ne détonne dans ce Heavy Metal traditionnel et guerrier, tout par contre détone (subtile nuance, m’sieurs dames). HÜRLEMENT s’était déjà fait une bonne petite place parmi les chouchous de l’underground français, « La Mort Sera Belle » risque bien d’enfoncer le clou. Les compositions font toutes mouche et tirent encore une fois force et efficacité de cette simplicité dans les riffs et rythmes, sans pour autant omettre d’aller au fond des choses en avoisinant souvent les 7 minutes ; ceci jusqu’à cette ambitieuse clôture, pièce en trois actes évoluant du mid-tempo conquérant, à la phase de trêve acoustique montant progressivement vers une gloire très speed et intense. Côté soli, ces derniers sonnent toujours un peu crispés mais ils ont le mérite (en tout cas à ce qu’ils semblent) d’être enregistrés d’une traite. A bas la chirurgie note à note en studio ! Et tant que j’y suis, notons que l’enrobage est parfaitement équilibré au travers d’une mise en son sans surconsommation, assez brute et conférant une belle énergie organique aux chansons.

Saluons enfin, et à nouveau, la superbe illustration ainsi que l’humour toujours présent par-ci par-là dans le livret. Mince, HÜRLEMENT nous avait habitués à de belles choses mais là, c’est vraiment du grand art !

Si « De Sang Et D’Acier » – encore un peu vert – était l’album de la découverte, « Terreur Et Tourment » celui de la révélation, « La Mort Sera Belle » est à coup sûr celui de la maturité. Encore un que les Américains n’auront pas. Quant à moi, je prédis sa présence dans mon top annuel des meilleurs albums pour 2017. Rendez-vous en décembre.  Elle commence fort cette année!

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A propos Bernard-Henri Leviathan
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