[Chronique] HORRORWISH – « No Place To Hide »

Bernard-Henri Leviathan
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En ces temps de noirceur du monde, temps troublés où l’humanité semble décidément refuser de voir le linceul dans lequel elle continue de s’enrouler, certaines phrases font mouche… « When I was a child, I was afraid of ghosts. When I grew up, I realized people are scarier. » (« Quand j’étais enfant, j’avais peur des fantômes. En grandissant, j’ai réalisé que les gens étaient plus effrayants »).

C’est sur ces paroles que débute « No Place To Hide », premier album d’HORRORWISH sorti début avril. Et même si ces dernières semaines, on ne peut pas dire que nous n’ayons pas eu d’endroit pour nous cacher, n’ayant fait que cela, les 13 contes horrifiques de Gio Smet tombent à pic pour illustrer une fois de plus l’âme dérangée et carnassière de nos contemporains.

Je vous ai déjà parlé de Gio Smet ? Mais si, souvenez-vous !! J’ai fait la connaissance de ce compositeur/producteur/musicien belge il y a 3 ans alors qu’il constituait, en parallèle de son groupe principal de longue date GITARON,  le casting de l’opéra Rock/Metal GIOTOPIA, projet lui permettant de s’offrir un tas de collaborations dont celles de Fabio Lione (RHAPSODY, ANGRA), Ralf Scheepers (PRIMAL FEAR, ex-GAMMA RAY), Herbie Langhans (AVANTASIA) ou encore Apollo Papathanasio (ex-FIREWIND, SPIRITUAL BEGGARS). Comptant déjà deux disques, Gio vient d’ailleurs d’annoncer la composition d’une suite. Mais ce n’est pas tout, Gio Smet est un passionné, un hyperactif. A peine finit-il un disque qu’il entame un nouveau projet : DEVIL’S DESIRE avec le Brésilien Jeff Metal, SONS OF THE MIGRATOR et toute une flopée de covers pour sa chaîne Youtube !

Cette fois-ci, avec HORRORWISH, c’est aux histoires qui font peur que Gio a décidé de consacrer son Heavy Metal. Pour celles et ceux qui sont familiers des œuvres antérieures du compositeur, vous reconnaitrez une certaine patte caractéristique mais au service d’une direction nouvelle, plus malsaine bien entendu mais également plus dense et nécessitant de prendre le temps de la découverte pour en saisir toutes ses nuances.

C’est « Welcome To My Nightmare » qui nous ouvre les portes, et, sur fond de comptine d’enfant et de bruitages évocateurs, ces mots semblent tout droit empruntés au grand parrain du Shock Rock : ALICE COOPER. Les chansons aux tempi élevés s’enchainent avec beaucoup de cohérence. Le Metal horrifique proposé ici n’est pas à aller chercher du côté de KING DIAMOND, mais est davantage appréhendé sous l’angle du Power Metal (« My Horrorwish », « No Place To Hide » « Whispering Truth »), de l’Epic Doom lourd (« Desperate Calling », « Man In Dreams »), ou même du Thrash (« Beastly Thoughts »). Parfois, subrepticement, on sent poindre, en moins excentrique, une approche extrême à la NOTRE DAME (« Game Of Torture »). Les riffs tranchants sont soutenus par des rythmes très dynamiques, qui tapent fort. Certes, nous avons là une batterie programmée, très calibrée, mais les arrangements sont finement travaillés. A plusieurs reprises, c’est le jeu de double pédale qui me procure des frissons (« Demon From Below », « Game Of Torture »). Des leads et harmonisations ponctuent les morceaux, avec une prise de partie simple mais efficace. On retrouve avec plaisir la voix si caractéristique de Gio, grave et profonde, rappelant parfois celle d’Eric Clayton (SAVIOUR MACHINE). Overdubée et mixée avec une certaine dose d’effets, elle résonne comme dans un hall désaffecté et accompagne l’horreur surtout mise en théâtre au travers des textes. Là où on s’attendrait à des envolées lyriques typiques du style, cette voix permet un créneau tout personnel.

A d’autres moments, la musique prend des tournures plus ambiancées à la manière d’un Metal gothique. Après une introduction grinçante au piano et violoncelle (instruments sonnant malheureusement un peu synthétiques), « Reaching For Peace Of Mind » fait office de ballade de milieu d’album dans laquelle le chant rocailleux pesant sur des arpèges clairs m’évoque brièvement un autre groupe que j’affectionne particulièrement : LACRIMOSA !  Plus loin, « The Ghosts of Lady V » voit le clavier marteler le titre pour une atmosphère des plus sombres. « Deadly Sinners » et ses chœurs en dimension se montrent plus orchestrés et n’auraient pas dépareillé dans GIOTOPIA.

Avec « No Place To Hide », Gio Smet nous livre un album riche et bien pensé, qui offre de nouvelles couleurs à un style marqué au fer rouge par des groupes comme MERCYFUL FATE, MORGUL, GLOOMY GRIM, etc. S’il s’agit de l’album d’un homme, ce dernier souhaite maintenant le mener sur scène avec une véritable équipe et on ne peut que l’encourager dans cette entreprise qui offrira une nouvelle dimension, une autre intensité, aux chansons d’HORRORWISH. Le groupe est presque au complet, ne manque que toi, cher.e claviériste ! Cours-y vite !

De notre côté, il ne nous reste qu’à patienter jusqu’à la suite… Heureusement, avec l’esprit fourmillant de Gio, nul doute que l’attente ne sera pas trop longue !

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