[Chronique] HEXECUTOR – Poison, Lust And Damnation

Mike Elektrökuthör

Mike Elektrökuthör

Archéologue du Metal (Thrash Old School en particulier) à la recherche de la petite pépite méconnue ou mésestimée. Les 80's/90's regorgent de groupes comme ça et c'est mon devoir de les trouver, les écouter et partager mon avis sur ma découverte.
Mike Elektrökuthör
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Une démo, un EP, un Split avec MANZER, c’est ce qu’il a fallu à HEXECUTOR pour se construire une solide réputation dans le milieu. Il ne lui manquait plus qu’à confirmer sa position de fer de lance du Thrash français et ainsi mettre tout le monde à genoux avec un album.

C’est chose faite avec ce « Poison, Lust And Damnation ».

Évidemment, il aura fallu de la sueur pour pondre un disque pareil et à l’écoute de ce dernier, on sent que le groupe a travaillé dur pour en arriver là. Si on le compare à « Hangmen Of Raozhon », on remarque que les morceaux sont plus complexes, plus longs (entre 4 et 8 minutes en majorité) et avec des avalanches de notes à chaque titre mais surtout, cet album est beaucoup plus sombre par rapport aux offrandes précédentes. Les Leads paraissent, eux aussi, beaucoup plus précis et les mélodies de ses derniers font mouche à chaque fois, le chant suinte la haine à l’état pur.

HEXECUTOR semble avoir trouvé une nouvelle recette et l’applique avec brio car ce n’est pas forcément évident de proposer de longs morceaux sans tomber dans le répétitif et le redondant. C’est un véritable tour de force et un défi que le groupe semble relever avec une facilité assez déconcertante car le tout s’enchaine naturellement.

Ainsi, on se retrouve avec de véritables perles comme « Visitation Of Lascivious Entity » dont le final en arpège est à se damner et rappelle « Desolate Ways » de MORBID ANGEL, « Marquise de Brainvilliers », sombre comme la nuit avec un solo de tapping infernal, « Phalanx Of Damnation » dont la rythmique infernale vous hantera jusqu’à la mort, « Raped Under The Stars » où Jey Deflagratör hurle à un tel point qu’on a l’impression d’entendre la victime elle-même et me glace le sang à chaque fois.
Et puis, il y a LE titre qui se démarque du reste car il possède tout un tas de particularités. Il est chanté en français et c’est assurément le titre le plus sombre et le plus glauque du l’album. Que ce soit le refrain qui semble vomi à la face de l’auditeur, son solo rappelant « L’Exorciste » ou son break malsain, « La Sorcière Du Marais » a tout d’un futur classique !! Ses riffs tranchants et froids ne laisseront personne indemne.

Si l’album s’ouvre sur un « Macabre Ceremony » sans concession, sans intro et direct façon uppercut, il se termine sur un « Hard Rocker City » plus léger, plus Heavy et qui clôture, sur une note de fun avec une dédicace au public rennais, chaque concert et un album dont les ténèbres règnent en maître.

Pour un premier album, on peut dire que c’est une sacrée réussite et que HEXECUTOR a eu bien raison de prendre son temps et de ne pas se précipiter comme le font souvent les jeunes groupes. Le fait que le groupe aie décidé de revoir sa formule est un plus et un choix honorable car lorsqu’il se lance dans des morceaux plus directs à l’ancienne comme « Hélène Jegado », ça sonne comme une chute de studio de « Hangmen Of Roazhon ». Ce titre n’est pas mauvais mais fait pale figure à côté du reste du disque.

Il est à noter aussi que « Poison, Lust And Damnation » possède le même défaut que « Hangmen Of Roazhon » par rapport à la structure de certains morceaux. Sur l’œuvre précédente, les morceaux semblaient suivre une même ligne directrice que l’on a tendance à retrouver ici aussi. Comprendre que certains breaks ou leads sont parfois très prévisibles. Ce qui a tendance à noircir un peu le tableau mais comme je l’ai dit plus haut, on ne tombe pas dans le linéaire et cela est dû en grande partie à la richesse des riffs permet de garder l’auditeur captivé, attentif et à l’écoute. A aucun moment on ne bascule dans l’ennui.

Dans mon top 5 de 2016 sans la moindre hésitation, à écouter sans modération !! Un must à posséder absolument car il s’agit là d’une ode à la Violence et un hommage au Hard !!

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A propos Mike Elektrökuthör
Archéologue du Metal (Thrash Old School en particulier) à la recherche de la petite pépite méconnue ou mésestimée. Les 80's/90's regorgent de groupes comme ça et c'est mon devoir de les trouver, les écouter et partager mon avis sur ma découverte.

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