[Chronique “from the crypt”] NECRODEATH – The 7 Deadly Sins (2014)

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos !
Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...
Herbert Al West - Réanimateur Recalé
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Necrodeath, nom formé du grec “necro”, qui signifie “mort”, et de l’anglais “death”, euh… “mort” ! Parfait, comme ça on est tout de suite dans l’ambiance et il est toujours bon de tâter du pléonasme… à défaut d’autre chose ! Necrodeath est un groupe Ligure (ça fiche la trouille, hein ? On croirait entendre un cours sur les origines des vampires !), rattaché du seul fait de son nom à la famille “thrash théophrastéen”… oui, c’est à dire qui use et abuse de la surcharge. Mais vous faites quoi dans cette salle de cours, vous rêvassez ? Un peu de sérieux, messieurs ! L’origine de ce combo italien remonte à l’an 1984, soit au siècle précédent, et peut à juste titre être considéré comme l’un des tout premiers groupes à comportement extrême ayant jailli sur le sol romain, à quelques lancers de javelots de la sainte terre papale.

Claudio et Peso (guitare et batterie, nous ignorons à l’heure actuelle jusqu’à leur nom), ne connaissant alors pas la pratique du pléonasme, formèrent ce qui devint vite un quartet sous le nom de Ghostrider, musique d’enfer mais sans Nicolas Cage. Fortement influencés par les cadors de l’époque, Slayer et Kreator en tête, les italiens proposaient un thrash sans concession, comme il se pratiquait en ces temps reculés. Las, peut être bridés par les forces papales qui veillaient à la sauvegarde morale du bon peuple chrétien, les transalpins n’eurent jamais le succès de leurs voisins teutons ou ricains, même si dans le cœur de nombre de païens brillait la flamme de leur musique diabolique.

Les changements de line-up furent légion, ce qui peut être considéré comme normal sur le territoire romain (humour de prof de fac suppléant), à commencer par le chanteur, qui fut remplacé lors de la re-formation du groupe en 1998 – oui, il y eut même un split – par Flegias, le hurleur qui nous intéresse aujourd’hui. Et contre vents et marées, les transalpins se sont accrochés et sortent ici ce qui doit être leur… onzième album (c’est devenu difficile de compter avec eux !), sobrement intitulé “The 7 Deadly Sins“.

Admirez tout d’abord l’enrobage de l’objet, en tout point conforme à l’aspect marginal marquant le groupe depuis ses débuts. Les plus attentifs d’entre-vous auront reconnu la plastique géométriquement exposée de Mila Ramos, star de films pour adultes dont je propose à ceux qui seraient intéressés une liste de ses meilleurs films en fin de cours.

Regardons ensuite le titre de l’album, composé de mots découpés dans un journal, façon lettre de menace ou message de tueur en série. Attardons-nous sur les quatre lettres et mots collés sur la photo : “The 7 Deadly Sins“. Oui, vous êtes sur la voie. Il s’agit bel et bien de l’annonce des sept péchés capitaux, chers au Fincher de Seven : la paresse, la luxure, l’envie, l’orgueil, la colère, la gloutonnerie et l’avarice, qui se verront en toute logique attribuer chacun une chanson. A noter pour la petite anecdote que la religion catholique a promu sept vertus sans véritable vis-à-vis avec ces vices, histoire de créer un équilibre, mais ces vertus-là ne sont absolument pas abordées dans l’album des génois… Comme c’est étrange…

Alors, maintenant que nous avons étudié le contenant, qu’en est-il du contenu ? En toute modestie, les italiens nous livrent une attrayante synthèse entre le meilleur de Slayer et de Kreator, et grande époque s’il vous plait ! “Reign in Blood” y percute allègrement “Pleasure to Kill”, avec une production au diapason et tout ce qu’il y a de plus moderne. La voix de Flegias, sorte de mix tripant entre celle de Mille Petrozza et celle de Steve “Retro” Souza, d’Exodus, surfe même souvent sur les rivages du black tant elle se veut extrême, râpeuse et brutale.

La vélocité du missile d’ouverture, “Sloth” – titre vraiment loin d’être apathique, mais rappelons pour les incultes que la paresse visée est bel et bien celle de la foi -, ferait trembler Tom Araya tant le hurlement initial, accompagné par une rythmique d’enfer, est du genre à faire trembler les murs de Jéricho ! Planquez la vaisselle et cadenassez les pucelles, c’est sans mollesse aucune que les notes s’enchaînent et que l’orage déboule avec la férocité d’un monstre incontrôlable. Un morceau sacrément maîtrisé, qui foire juste, et c’est dommage, la montée promise par le break juste avant que n’éclate le solo frappadingue ; de la menace pesante que l’on imaginait – les notes s’imposaient d’elles mêmes ! -, on se retrouve au milieu d’une parade festive légèrement hors sujet.

Avec les deux péchés suivants, la luxure et l’envie, le mid-tempo s’invite avec brio au sein de rythmiques effrénées et autres effets de manche. Le péché de chair est d’ailleurs abordé avec une férocité telle que même l’actrice ornant la pochette ne pourrait le supporter ! Je le sais, j’ai essayé… Mais… passons !

Pride” éclate avec ses angoissantes percussions (dues au fringuant Peso, seul membre d’origine) et les hurlements de Flegias – véritablement phénoménal -, dépassant la référence Kreator à laquelle on se raccroche parfois. A noter un sacré travail du guitariste, Pier Gonella, qui nous offre un terrifiant solo particulièrement inspiré.

Et ça continue tout du long, les brûlots plus slayeriens que sont “Gluttony” et “Greed” finissant de terrasser l’auditeur qui aura bien du mal à se relever du K.O. technique. C’est peut-être extrême par moments, limite Black sous amphétamines, mais l’esprit du thrash old-school transpire de chaque composition, salissant nos oreilles d’une adorable façon.

Pour terminer, s’invitent deux titres bonus, “Thanatoid” et “Graveyard of the Innocents”, reprises de titres issus d’anciens albums, qui rappelleront des souvenirs aux plus vieux d’entre nous, car ils datent tout de même respectivement de 1989 et 1987, sans être doux pour autant ni totalement hors sujet, production moderne oblige. Anecdotique mais sympathique.

Amateurs de thrash qui tache, ruez-vous sans hésiter vers cet album, car voilà de quoi vous déboîter sévèrement les cervicales, foi d’un spécialiste du brise-nuque !

Note réelle : 9/10 !!!

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A propos Herbert Al West - Réanimateur Recalé
Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos ! Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...

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