[Chronique « from the crypt »] LEVEL 10 – Chapter One (2015)

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos !
Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...
Herbert Al West - Réanimateur Recalé

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Il fut un temps où il était simple de nommer LE groupe dont Russell Allen était le chanteur. Le nom de Symphony X s’imposait à l’unanimité tant la voix de ce géant était inextricablement liée à l’entité « prog-néo-classique ». Il y avait bien de temps en temps, l’espace d’un ou deux morceaux, quelques escapades au sein des œuvres complexes d’Arjen Lucassen (Star One, Ayreon), mais pas de quoi crier à l’adultère. Sauf qu’aujourd’hui, les choses sont devenues nettement plus compliquées.

Tout d’abord intervînt la parenthèse solo avec Atomic Soul, œuvre estampillée hard rock moyennement convaincante faisant œuvrer le californien dans un registre totalement différent – et selon moi hors sujet au vu de ses capacités vocales.

Puis quatre albums avec Allen/Lande se succédèrent, étrange et fascinant projet de studio (Frontiers, déjà !), fort des compositions de Magnus Karlsson, objet immatériel (pas de concerts) où les deux chanteurs alternent avec talent solo aussi bien que duo, croisant la voix comme d’autres le fer.

Il faut aussi compter avec les deux albums sortis sous le nom d’Adrenaline Mob (trois lors de la mise à jour de cette chronique !), les rondelles sur lesquelles Russell chante avec un beau chapeau et un gilet bien classe, façon heavy moderne et burné !

Et je ne compte pas les apparitions en tant que guest !

Il est évident à lire cela que le sieur Allen trépigne d’envie de s’exprimer, conscient du fait que les années s’écoulent et qu’il faut rugir comme un lion pour empêcher d’éventuels prétendants de conquérir le trône lui appartenant, conscient aussi qu’une voix s’use plus rapidement que des doigts grattant six cordes. Un nouvel album de SX se profile tout doucement, il est vrai, mais rappelons que le dernier opus, Iconoclast *, date de 2011, tandis que le précédent Paradise Lost remontait à 2007 et que The Odyssey datait pour sa part de 2002. Il est loin le temps où le groupe sortait une offrande à un rythme effréné sans pour autant que le génie caractérisant le groupe se tarisse au passage. Une rareté qui a de quoi aiguiser l’appétit de notre ogre adoré, ce que l’on peut comprendre. 

Avoir côtoyé l’hyperactif Jorn Lande à quatre reprises lui a peut-être aussi insufflé l’envie de multiplier les projets à son tour, comme si la frénésie devenait contagieuse. C’est ainsi que moins de trois mois après la sortie de The Great Divide, quatrième opus des aventures des deux larrons, nous recevons en pleine poire la nouvelle livraison Frontiers, confirmant que Russell devient l’un des piliers du label italien (et que nous n’avons donc pas fini de l’entendre sur des groupes à l’allure d’all star band). La chose s’appelle LEVEL 10, et porte le titre de Chapter One, annonçant d’emblée qu’il ne s’agit ici que d’un début.

Et il faut dire que le nouveau groupe a de la gueule. Belle pochette tout d’abord, même si quelque chose y brûle encore, comme sur Omerta, le premier Adrenaline Mob, à croire que Russell comme notre Johnny national sait allumer le feu ! Mouhahaha !

Côté line-up, il y a de quoi faire saliver : Matt Sinner à la basse et à la production (ça va cogner !), ses comparses de Primal Fear, Randy Black et Alex Beyrodt (batterie et guitare), Roland Grapow (ex-Helloween, Masterplan) à la seconde guitare et Alessandro del Vecchio (Hardline, Voodoo Circle…) au claviers, sans oublier quelques guests faisant presque partie de la famille, parmi lesquels Magnus Karlsson (Allen/Lande) et Amanda Sommerville. Rien à dire, y’a du lourd !

La méfiance est cependant de mise, car le public est désormais habitué à la réunion opportune de plusieurs cadors du monde metal, sauce qui n’a pas forcément enfanté les meilleurs albums du monde (je vous laisse mettre ici les noms de votre choix ; pour ma part, là, tout de suite, j’ai bien envie de citer Tim Ripper Owens, avec Play My Game, mais il y en a tant d’autres…).

La première partie de l’album a mis du temps à me convaincre. Les titres sont bons, c’est un fait, mais il leur manque souvent un petit quelque chose pour avoir envie d’y retourner souvent.

Au niveau du style, on se situe quelque part entre Primal Fear et Adrenaline Mob. Rien à voir avec Symphony X en tous cas. Du metal simple, solide et direct qui ne cherche pas les formules alambiquées pour vous séduire. Du riff à gogo et du solo pour relever la sauce. La basse de Sinner est toujours très présente, solide comme un roc et lourde de menace. La frappe solide de Randy Black complète la rythmique en béton estampillée deutsche qualität. On trouve comme je le disais de beaux soli, exécutés avec l’amour du travail bien fait sans pour autant vous donner envie de vous lever la nuit. Il faut attendre la montée en puissance du sieur Allen sur Soul of a Warrior, lorsque sa voix quitte la ligne balisée du refrain pour monter vers l’éther, annonçant le solo de rigueur, pour que nous nous mettions à croire au potentiel de la chose. Le terrible Blasphemy enfonce le clou un peu plus loin, nous réveillant après deux titres un poil anecdotiques. Last Man on Earth nous emporte ensuite avec un bel entrain, tandis que Scream and Shout retombe dans les poncifs du genre.

Ce n’est qu’à partir de Voice of the Wilderness que l’intérêt éclate vraiment, rythmique orientalisante, lourde et menaçante, en tous cas séduisante. La voix puissante et nuancée de Russell colle parfaitement à ce titre plus recherché correspondant à la période plus expérimentale de Primal Fear, Seven Seals en tête. Du costaud séduisant en diable. Et vient ensuite la superbe ballade musclée, All Hope is Gone, sur laquelle le californien délivre un flot d’émotions de cette façon bourrée de feeling dont il a le secret. Imparable !

Demonized déboule enfin avec un style priestien des plus efficaces, la voix de Russell lui apportant un petit plus par rapport à ce qu’aurait pu en faire un Halford ou un Scheepers.

Et ça continue avec l’entêtant The Soul is Eternal, le genre de morceau qui te fait gaspiller de l’eau sous la douche tant tu éprouves l’envie d’y rester et de répéter le refrain jusqu’à ce que ta femme te coupe l’arrivée d’eau !

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas là de la découverte de l’année. Cet album n’en a d’ailleurs pas la prétention. Son but est de livrer une prestation solide et efficace, relevée par ci par là de quelques pépites savoureuses et sortant du lot. Comme de nombreuses productions Frontiers, la formule se prête au jeu de l’essai, quitte à retravailler sa copie au vu des retombées. Et n’oublions pas qu’il s’agit ici du Chapter One, opus se montrant déjà très prometteur. Bon, selon moi, Russell Allen ne sera jamais meilleur qu’au sein de Symphony X. Sa technique et sa puissance ont trop besoin des nuances épiques et gorgées d’émotions diverses que seule la bande à Romeo est capable de produire. Ne boudons cependant pas notre plaisir et laissons-nous aller à la force teutonique de cet opus fort agréable à écouter.

A noter un détail amusant, le nouvel opus sur lequel officie Jorn Lande (en duo avec le guitariste Trond Holter), Dracula – Swing of Death – autre production Frontiers -, sort le même jour, comme si les deux compères continuaient inlassablement leur duel de titan. Et ce n’est évidemment pas un hasard.

* depuis l’écriture de cette chronique est sorti Underworld (2015), neuvième opus de Symphony X, oeuvre forcément plus ambitieuse.

Note réelle : 3,5/5, grâce à quelques titres savoureux se détachant du lot.

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A propos Herbert Al West - Réanimateur Recalé
Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos ! Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...

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