[Chronique] FOOL’S PARADISE – Forest Of Lies

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
Bernard-Henri Leviathan
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Note : 7.5/10

 

Des darses fumantes de Dunkerque, frappées par la houle et les embruns, il semblerait qu’émerge un micro bastion du Metal d’ancienne garde. Dans nos colonnes, vous avez déjà pu voir passer les noms de BLACKBART, MORTAL SCEPTER, THE LOSTS, aujourd’hui, nous nous concentrons sur FOOL’S PARADISE, groupe défendant un hard/heavy de bien bonne facture. Je t’avertis donc, lecteur : si tu recherches le riff gras frotté sous les aisselles et la spéléologie gutturale, je te proposerais bien d’aller lire ailleurs si j’y suis !

Comme le disait Olivier Mevaere, guitariste de ce paradis pour fous, dans une interview il y a quelques temps, ce nom de groupe renvoie à l’expression bien française relative à la maçonnerie de haut vol en péninsule ibérique.

Comme le disait à son tour Honoré De Balzac dans ses Mémoires de deux jeunes mariées : « Ce cher lézard de poète était plus souvent au soleil à bâtir des châteaux en Espagne qu’à l’ombre de son taudis à travailler des poèmes. ».

Si l’on ne peut, dans l’esprit collectif (mais celui-ci n’est-il pas bien souvent caricatural?), considérer que Dunkerque a un quota suffisant de soleil pour se dorer la pilule, alors ce cher lézard de poète est bel et bien en train de travailler sa poésie. Et c’est vrai qu’à l’écoute de ce « Forest Of Lies », premier EP physique du groupe, la poésie n’est jamais loin, que ce soit dans l’écriture de ses riffs, ses structures et ses textes. Je l’ai évoqué, la musique de FOOL’S PARADISE est à chercher dans l’écriture mélodique de tradition.

Evoluant et se reconstruisant au gré des entrées et sorties de musiciens, FOOL’s PARADISE pose ses bases en 2007 à partir d’influences telles que IRON MAIDEN mais également le Rock caractéristique du parcours de certains des membres. Si l’on sent effectivement un côté british, je le rapprocherai davantage de groupes comme SAXON ou des chaudes harmonisations de THIN LIZZY. Parfois, la manière d’appréhender et d’imaginer la guitare soliste se tournerait également vers le PARADISE LOST des albums les plus accessibles (de « Draconian Times » à « Symbol Of Life », par exemple). Dans les références actuelles, on pourrait rapprocher la musique de FOOL’S PARADISE de celle de EAR DANGER par exemple mais on trouve également un côté bien français à ces compositions.

Sur ce point, on imaginerait tout à fait ce « paradis pour fous » s’animer tel un zoo furieux. Musicalement, c’est vrai qu’on n’est plus si loin du Big Rock du projet parallèle de Monsieur SATAN JOKERS, Renaud Hantson : FURIOUS ZOO (FURIOSO d’origine) et cette conception du Heavy fricotant avec le Hard, le Rock et laissant une belle liberté d’expression à la guitare.

L’EP offre 4 titres suffisamment cohérents pour cerner le sujet. On pénètre dans cette forêt enchevêtrée que nous présente l’artwork par « The Sole Survivor ». Et si ce titre peut laisser penser à une reprise d’HELLOWEEN, il s’agit bien d’une composition originale. Tout au long de l’EP, les riffs et la rythmique typiques envoient une recette mélodique et bien accrocheuse. Le jeu de batterie de Fred est millimétré et contribue à l’efficacité des chansons. Bertrand, à la basse, l’accompagne parfaitement et s’offre même une échappée sur le lancement du break de « Forest Of Lies ». Comme je le disais plus haut, une bonne place est laissée aux guitares d’Olivier et Stéphane. Les chansons sont truffées d’interventions harmoniques (comme ce magnifique accompagnement du pont sur « Tales… », celui-là même qui m’aura donné l’impression que PARADISE LOST n’était pas loin dans les influences) ou d’envolées solistes étudiés et bien amenées.

La surprise viendra notamment de la voix d’Anthony. Ce chant sait porter l’auditeur à travers des mélodies fortes mais si la palette est travaillée entre susurrements, accents plus agressifs, ouverture vers les mediums, on ne retrouve pas les modèles auxquels on se serait attendus. Formatés par nos années d’écoute, on aurait tendance à attendre de ce type de musique les envolées aiguës et emplies de tremolos. Tout en étant bien placée, elle sera davantage légère et limitée en hauteur, c’est comme si tout était contrôlé de peur de ne plus la maîtriser. De ce fait, elle manque quelque peu d’ampleur, d’impulsion et elle ne décolle jamais vraiment. Les vocalises sur la dernière partie de « Tales Of A Hidden Sunset » ou encore ce cri aigu fondu dans les chœurs sur « Forest Of Lies » nous prouvent bien qu’Anthony nous cache des choses. L’album prévu pour 2016 nous montrera certainement à quel point ce chanteur est à même d’offrir le lyrisme nécessaire pour emporter la musique de FOOL’S PARADISE.

Si « The Sole Survivor » et « Tales… » s’inscrivent bien dans un répertoire traditionnel, « Forest Of Lies » fleurettera avec le progressif. Déjà la belle introduction onirique rassemble une progression d’accords en son clair me renvoyant à la belle époque de GENESIS ou aux derniers MAIDEN (mais connaissant les goûts de Harris, l’un est logiquement lié à l’autre) sur laquelle est posé un solo bluesy inspiré. La voix semble compter une histoire avant de s’élever. La guitare brossée sur le refrain à un feeling très Rock rappelant presque le « Guitar » de PRINCE (voyez un peu l’étendue de ma culture, hein, quand même…) tandis que les couplets sont rythmés par la double pédale, précise.

Enfin, sur « Wasting My Soul », on ressent davantage l’influence de JUDAS PRIEST ici à travers ce riff plombé et agrémenté d’harmoniques sifflées à la manière d’ « Electric Eye ». La section rythmique joue le rôle de marteau frappant sur l’enclume et semble avoir été conçue dans les forges les plus brûlantes de Vulcain. Un très bon titre pour clore cet EP.

Ensemble, les quatre chansons apportent une perspective variée tout en ayant une parfaite unité. Chacune a sa force : un refrain, un chorus, une intro. On se surprend à avoir ces mélodies qui nous trottent longtemps en tête. Côté son, certains diront qu’on a là un produit démo, et il est vrai que le son de batterie compressé à l’excès ainsi que les chœurs manquant de corps apportent peut-être une perte de dynamique, mais je dirais qu’il n’y a aucune triche. Les quelques imperfections mettent en valeur un produit vivant, non rongé par les machines et qui respire sincérité, passion et fidélité à une époque.

En attendant l’album à venir, il ne reste plus qu’à voir ce que tout cela donne sur scène et comme les choses sont bien faîtes, sur scène c’est ce soir puisque le groupe se produit en compagnie de BLOODY HOURS et ASH & THE CRYPTOGUYS… vous trouverez donc la suite de mes impressions dans le live report qui s’en suivra !

 

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A propos Bernard-Henri Leviathan
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