[Chronique] FIDES INVERSA – Mysterium Tremendum Fascinans

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fides

Note : 6/10

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Il y a peu, je faisais part d’une superbe découverte à mon amis Jules en lui disant « J’adore le taf de chroniqueur ». Lui, ayant apprécié ma trouvaille, me répondait « J’adore ton taf de chroniqueur ». Aujourd’hui j’aurai envie d’ajouter à cette conversation, ô combien philosophique vous en conviendrez, qu’il y a parfois des moments un peu plus pénibles… Cela fût le cas lorsque je me suis penché sur l’œuvre de FIDES INVERSA. Ce duo romain composé de Void A.D. (Strings / Musical & Lyrical Conception) et Omega A.D. (Drums / Invocations) revendique haut et fort sa haine du christianisme, de son concept et de ses valeurs. Pour l’instant pas de soucis : on s’oriente bien vers un style Black Metal plutôt que vers un tribute à Chantal GOYA. L’artwork étant plutôt réussi et les morceaux étant sobrement intitulés en chiffres romains c’est avec une certaine impatience que je souhaite découvrir de quel bois se chauffent ces deux italiens.

« I » : Intro plutôt longue de 3’40 où les guitares lancinantes proposent un Black Metal très froid. Les plans proposés trainent un peu en longueur mais les riffs qui les composent sont plutôt intéressants. Je me dis que FIDES INVERSA aime prendre son temps… mais de mon côté j’ai tout de même cette petite envie de rentrer un peu plus rapidement dans le vif du sujet…

« II » : d’entré je m’aperçois que le tempo ne sera pas le même ! Le début du titre est assez atypique avec cette seule guitare accompagnée de la batterie. Je me demande alors si on aura droit à un Black Metal ultra minimaliste tout au long de l’album. Mais la seconde guitare et la voix font leur apparition. Il y a un petit quelque chose à la IMMORTAL dans l’utilisation des guitares et les blasts de batterie mais sans toutefois crier au génie. La seconde partie du morceau est plus atmosphérique avec ses mélodies empruntées au Folk Metal.

« III » : Un chant clair fait son apparition en guise d’intro, alternée avec la voix écorchée plus systématique de ce style. La voix claire pourra faire penser au timbre d’Alan AVERILL, chanteur charismatique du groupe PRIMORDIAL. Les mélodies de guitares sont quelques peu alambiquées et on a parfois l’impression d’entendre quelques hésitations dans les parties de batterie. Ces dernières sont d’ailleurs assez peu variées avec cet enchainement assez systématique : 1 rythme / 1 descente de toms. Le morceau est plutôt court et fonctionne un peu comme une intro au titre suivant judicieusement intitulé : « IV ».

« IV » : Les mélodies de guitares en début de morceau sont excellentes mais avec ces sonorités qui me donnent cette sensation de déjà entendu sans parvenir pour autant un mettre un nom… Malheureusement le sentiment d’ennui commence à pointer le bout de son nez et je sens que le groupe va perdre mon attention. D’autant plus que le titre est long (12’30) et que les parties ne se renouvellent pas assez pour ce genre de chanson. Et ce n’est sûrement pas le passage mélangeant chants corses et chants de messe au milieu du morceau qui va redonner du relief au morceau.

« V » a la lourde tâche de lui succéder. Ce titre plutôt lent se démarque un peu du reste de l’album mais sans grande originalité en soi. Les voix, tantôt narratives tantôt hurlées, se posent sur une succession de breaks de batterie sur fond de guitares aériennes et de nappes de clavier. La fin du titre est carrément surprenante avec cette musique classique qui apparait un peu comme un cheveu sur la soupe… Je me pose encore la question du pourquoi du comment d’une telle fin de morceau ?

« VI » revient vers quelque chose de plus classique pour FIDES INVERSA. On retrouve les guitares largement saturées mais sur un rythme plus Black’N Roll. Le morceau se transforme par la suite en Post Black avec des riffs bien choisis, schizophréniques avec l’alternance des 2 timbres de voix, très dépressifs mais toujours avec ce jeu un peu pauvre au niveau de la batterie malheureusement (attention je ne parle pas forcément de technique mais de la variété des rythmiques proposées).

« VII » ne viendra pas chambouler l’impression laissée par cet album. Au contraire elle renforce le sentiment entraperçu à l’intro qui à elle seule révèle en partie la tournure générale des choses.

Cet album constitué de titres plutôt longs mais sans grande variété ne parvient pas à capter véritablement mon attention. C’est un disque qu’il peut être agréable d’écouter en fond sonore en étant attelé à une autre tâche mais pour lequel je ne me vois pas assis dans le canapé, le casque vissé aux oreilles en train de feuilleter le livret.

Je suis sûr que mon ami Jules me répondrait « J’adore quand même ton taf de chroniqueur » puisque, le connaissant, je lui épargnerai la perte de temps que lui impliquerait l’écoute de cette album. Attention je ne dis pas non plus qu’il faut faire avec cette œuvre ce que certains ont infligé aux églises en Norvège mais après tout comme dirait l’autre : l’art de chroniquer c’est l’art de donner son point de vue de manière la plus objective possible… et les différents éléments de cet album qui m’ont déplu pourront très certainement faire naitre d’autres sentiments chez un autre auditeur.

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