[Chronique] ENSIFERUM – Two Paths

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Deux ans après le médiocre « One Man Army », les Porteurs d’Épées sont de retour avec leur nouvel album « Two Paths » sorti le 15 septembre dernier. Et autant dire que les finnois ont tout intérêt à être irréprochables sur cet album parce que si  leurs prestations en live sont toujours de qualité, on peut dire que depuis quelques années leurs albums ont plutôt tendance à décevoir leur public. Voyons donc s’ils ont su trouver le bon chemin pour cet album.

Ça commence de manière classique avec une intro mystique qui pose l’ambiance. Le climat est à la brume. Les ténèbres règnent en cette veille de bataille. On découvre la nouvelle recrue, Netta Skog (ex Turisas) au chant clair féminin et petit à petit le ton monte et le crescendo musical nous embarque au cœur de la bataille. S’ensuit le single de l’album, « For those about to Fight for Metal », clins d’œil répétés des deux yeux en agitant les bras à AC/DC allant jusqu’à reprendre «  We salute you » dans le refrain. On est sur du Ensiferum hyper classique, comme on aime, c’est épique, rapide, puissant, en un mot : efficace. Ah en voilà un morceau qui redonne la foi dans le groupe ! Ah, et ce break clean suivi d’un crescendo burné pour nous porter une dernière fois vers ce refrain épique !  Et on continue sans pause sur « Way of the warrior » et son bon gros death viking assoiffé de sang et de sueur ! Ce morceau doit être génial en live ! On a retrouvé l’Ensiferum qu’on aime !

Mais c’est maintenant qu’arrive le « mais » dans cette histoire si bien commencée. Avec la chanson « Two Paths », on comprend mieux vers quoi mène le deuxième chemin en question dans le titre de l’album. Après la déferlante de violence jouissive et épique de l’unité formée par les trois premiers morceaux, on est stoppé net dans notre cavalcade par le riff punk rock et la voix clean pas belle et pas très juste de Markus. Je ne vois pas ce que cette chanson fout là ! Déjà sur l’album, mais en plus là, comme ça, comme un cheveu blond bouclé au milieu de la soupe de sang et de boyaux. Si le but était de faire une chanson plus « FM », pourquoi ne pas la mettre plus en avant ? S’il s’agit d’un test pourquoi ne pas la mettre plus loin dans l’album, voir en bonus ? (Et les bonus parlons en, deux versions alternatives de chansons de l’album, on aurait préféré  des versions live ). « Don’t you Say » est dans la même veine que « Two Paths », et là encore Markus est au micro clean. On croirait un groupe de punk folk qui a trop traîné les bistrots (genre que je ne renie pas quand c’est bien fait).

Le reste de l’album reste tout de même dans la veine Death viking metal, je vous rassure. Mais plusieurs chansons sont bien sans non plus être transcendantes. Cependant deux chansons sont intéressantes à mon sens. Tout d’abord « Feast with Valkyries » parce que là, Ensiferum prend un risque et joue le renouvellement sans passer par la simplicité et ça fonctionne bien. Ils misent sur la nouvelle venue Netta Skog qui assure une intro de grande qualité à l’accordéon et qui pose parfaitement sa voix envoûtante sur le morceau. Elle est vraiment un atout pour le groupe en studio et espérons en live. Et s’il est un atout encore plus grand pour le live sur cet album, c’est « God is Dead » qui est taillée pour s’arracher la tête dans le pit en braillant son refrain entêtant. Il y a tout. Ça va vite, c’est pas dur à retenir et ça ne s’autorise aucune baisse de pression.

Pour conclure cette chronique, c’est un album dense comme la potée aux légumes de mémé : il y a à boire et à manger, et si on y met trop de chou ça fait péter (mais qu’est ce que je raconte ?). Globalement meilleur que son prédécesseur, Ensiferum tente des choses et c’est ce qui importe. Par contre il ne faut pas qu’ils s’engouffrent dans le mauvais chemin et doivent continuer sur la ligne Death viking qui a fait leur succès. J’ai hâte de lire la review de leur concert à Paris !

 

 

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