[Chronique du grenier] NIGHTWISH – Endless Forms Most Beautiful

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Sorti en mars 2015, « Endless Forms Most Beautiful » est un des albums qui marquent un énième tournant dans la carrière de NIGHTWISH. Après l’éviction de Anette Olzon sur la tournée américaine d' »Imaginaerum » en 2013, et quelques dates avec Floor Jansen au chant (notamment le Wacken 2013 immortalisé sur le Live « Showtime, Storytime »), celle ci est officiellement intronisée au sein du groupe. C’est donc avec une grande attente que cet opus sort dans les bacs le 27 mars.

L’album s’ouvre sur l’épique « Shudder Before The Beautiful » et donne tout de suite le ton. Exit le côté cinématique d' »Imaginaerum » ou plus sombre de « Dark Passion Play ». On renoue ici plutôt avec l’ambiance de « Once » avec lequel « Endless Forms Most Beautiful » sera d’ailleurs beaucoup comparé.

« Weak Fantasy » donne tout le loisir à Floor d’exhiber sa puissance vocale mais c’est avec « Elan » que l’ex AFTER FOREVER se dévoile pour la première fois sur un morceau original de NIGHTWISH, single sorti quelques semaines avant la sortie de l’album. Titre plutôt « feel good » sans réelle prise de risque, mais qu’on ne déteste pas retrouver sur les setlists live.

« Yours Is An Empty Hope » nous rappelle les grandes heures de « Century Child » avec un Marco très présent et un bel échange vocal entre les 2 chanteurs. Tandis que « Our Decades in the Sun », donne un ton plus intimiste et semble taillé sur mesure pour Floor (c’est pour moi l’un des titres qui rend le mieux hommage à sa tessiture). Nouveau tournant stylistique avec « My Walden » qui laisse Troy Donockley (pour la première fois officiellement crédité sur l’album) s’exprimer. On retrouve avec ce titre les ambiances folks qui semblent aujourd’hui coller à la peau de NIGHTWISH.
2ème single de l’album, « Endless Forms Most Beautiful » passe son chemin malgré un refrain accrocheur mais qui ne rentrera pas dans les annales.
« Edemah Ruh », dans la lignée de « Elan » (et d’ailleurs originellement pressentie pour être le 1er extrait de l’album) sonne encore une fois très feel good et est un bel hommage aux musiciens nomades et à la musique comme moyen de transmission. « Alpenglow » nous sort de cette rêverie et nous renvoie à des sonorités plus « symphonico-Nightwishienne » et son « We Were Here » entêtant rend le titre très accrocheur.

Les 6 minutes instrumentales de « The Eyes of Sharbat Gula » marque comme une scission dans l’album. A la 1ère écoute on se demande ce qui nous attend avec le morceau de clôture « The Greatest Show On Earth », épique finale de 24 minutes, et à la 50ème, on est toujours aussi impatient avec cette impression de découvrir de nouvelles sonorités à chaque écoute tant le morceau et complexe et incroyablement construit. Divisé en 5 parties, il reprend le titre du livre de Richard Dawkins, biologiste et narrateur de l’album qui intègre et pousse plus avant les théories de Darwin sur l’évolution. Et c’est bien là la thématique de cet époustouflant morceau: un hommage à notre planète Terre, une véritable déclaration d’amour et de fascination, malgré la volonté destructrice de l’Homme

« Hunger for shiny rocks
For giant mushroom clouds »

« The Greatest Show On Earth » éclipse tout ce qui a pu être fait chez NIGHTWISH dans le style, « Beauty of the Beast » ou encore « Ghost Love Score » même s’ils ne déméritent pas, semblent bien fades face au mastodonte musical que nous propose ici les Finlandais.
La reprise des « We Were Here » marque une vraie communion avec l’auditeur et laisse le titre se terminer sur une outro apaisante, nous laissant comme à bout de souffle sur des sonorités marines.

Pour conclure, « Endless Forms Most Beautiful » est bel et bien un album charnière du groupe, nouvelle vocaliste, nouveau batteur, nouveau troubadour aux multiples facettes (si on compte bien il ne reste que Tuomas -Claviers- et Emppu -Guitare- du line up originel). Cependant, NIGHTWISH n’a pas oublié que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures et réussit avec brio sa recette de création de nouveau sur de l’ancien. Réunissant avec cet opus tout ce qui a fait le succès du groupe au cours de sa carrière et le sublimant avec un artwork incroyable (pochette et livret que je vous invite vivement à feuilleter).

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