[Chronique] DOOMFORGE – Death Never Comes Alone

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
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A coups répétés, le rythme pesant de ses pas étouffés se fait plus pressant et mon cœur s’emballe. La mort se tient maintenant à mon chevet. J’ai beau me cacher sous mes draps, je sens bien que je n’en réchapperai pas. Elle me fixe de son regard froid et sévère, je sens son souffle putride sur mon glabre crâne, je la vois plonger ses longs doigts rigides dans une cape rapiécée et témoin des âges. Je repense à ma vie, je repense à ceux que j’aime, je repense à mes potes de Lords Of Chaos qui vont devoir recruter après m’avoir tant pleuré. Est-ce le reflet d’une lame que je vois se découvrir de derrière les guenilles? Elle approche l’objet de mes yeux… je ne parviens même pas à les fermer pour fuir la confrontation avec mon sort… elle me tient. Elle me tend… un skeud. La mort me file un skeud ! ‘Tain, c’est mon bol ! La mort ne vient jamais seule et cette fois, elle vient avec l’album de DOOMFORGE. DOOMFORGE, quoi !!! Quelle aubaine ! Je revis !

A plus d’un titre me voilà heureux de découvrir enfin ce premier album du groupe belge de Doom qui aura pris le soin et le temps de construire son line-up avant de proposer ce premier essai.

Déjà, la magnifique gravure de damnation me cueille. Très moyenâgeuse, issue de l’imaginaire torturé d’Yvan (basse) et posée sur un papier aux fibres archaïques, elle est une fabuleuse entrée en matière et se fait garante des ambiances sépulcrales qui vont se dérouler, d’un Doom classique à des accents presque Sludge/Stoner,  dès le disque inséré en platine.

J’avais déjà développé la description de ces ambiances dans un live report daté du 02 décembre 2016. Et bien, « Death Never Comes Alone » les grave ainsi dans le marbre. Jaws The Toothmaster, la personnalité derrière la batterie et le chant (batterie/chant… c’est déjà – je le redis – exceptionnel) a une belle présence « evil » avec son timbre granuleux et centré sur l’aspect blasphématoire et malfaisant. Les incantations sacrées introduisant « Hail The Dead King », telles des liturgies profondes, habillées d’un timbre plus clair, en sont un autre exemple. « Music for sinners », il n’avait pas menti. Chacun a sa part de liberté : le martellement du glas ; la guitare de Quentin The Wizard, tantôt profonde remontant des entrailles de la terre, tantôt dissonante, fuzz ou encore mélancolique dans ses soli intelligemment choisis ; la basse d’Yvan DeathRites vibrante et aux notes claires ou saturées installant le terrain ; les claviers d’Eric Warlord se dévoilant autant sur des racines THE DOORS que sur un sublime travail mortuaire ; et le chant de Wen Diamond aérant les pistes en occupant les tonalités hautes, étoffant encore cette musique riche. S’il y a un point de difficulté à relever, et ça m’en coûte de le dire tant je crois en ce groupe et son potentiel, c’est sur les interventions de notre dernière protagoniste. La voix de Wen Diamond (s’étant lancée dans le chant il n’y a pas si longtemps) n’est pas encore mûre, localisée encore trop au niveau de la gorge, elle donne des consonances pas toujours justes et ne rendant pas justice à la profondeur des intentions. L’idée est pourtant bien là, à travailler encore, et il ne faut surtout pas perdre courage dans ce que j’écris car il s’agit ici d’un premier disque. Il reste à pousser l’apprentissage, ce dont je ne doute pas qu’il soit possible, et à la clé on pourra atteindre ces ambiances à la CELTIC FROST, par exemple, dans lesquelles les interventions féminines œuvrent pour un envoutement total. Au delà de la musique, il faut également considérer DOOMFORGE comme une aventure familiale (oui, il y a des liens de filiation parmi les membres), humaine, et c’est une conception à laquelle j’adhère.

« Zubrowka », « Hail The Dead King », « November Skull », « Humanity Is Deception », le ton était déjà inscrit rien qu’à la lecture des titres. Quatre morceaux donc pour une durée de 35 minutes, ceci donne de longues plages épiques dans lesquelles le groupe prend le temps de déployer ses visions apocalyptiques, d’installer progressivement les parties dans lesquelles se greffent un peu à la fois de nouveaux arrangements. On pense à quelques fers de lance du genre, on pense au travail de Luther Veldmark (HOODED PRIEST, KING HEAVY, WITCHSMELLER PURSUIVANT), on pense à nos compatriotes de THE BOTTLE DOOM LAZY BAND, on pense même à TYPE O NEGATIVE dans la conception instrumentale, le temps de quelques interventions de clavier, mais on pense surtout à une belle personnalité qui se dégage et ne demande qu’à être développée.

Rajoutant par-dessus une mise en son pesante et pas mal fichue, avec un net esprit traditionnel, laissant vivre et respirer l’instrumentation de manière live en gardant quelques imperfections pour un rendu des plus organiques, et nous avons là un mini album qui donne l’eau à la bouche et fait agréablement rêver aux ténèbres. Espérons que les quelques conseils laissés ici permettront au groupe de revenir encore plus fort d’ici peu. En attendant, si c’est pour me faire des cadeaux comme celui-ci, je suis prêt à accueillir la mort tous les week-ends pour l’apéro !

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A propos Bernard-Henri Leviathan
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