[Chronique] DESTRUCTOR – Maximum Destruction

Mike Elektrökuthör
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4613

DESTRUCTOR, originaire de Cleveland dans l’Ohio, se forme en 84 et stabilise son line-up autour de Dave Overkill (guitare et voix), Dave Holocaust (basse), Matt Flammable (batterie) et Pat Rabid (guitare). La bande nous offre un mélange de Speed/Power/Thrash assez groovy dans ses solos et certains riffs et une voix assez originale et peu conventionnelle au genre. Les thèmes abordés restent assez classiques : Destruction, drogue, violence et luxure.

Si j’en viens à vous parler de DESTRUCTOR, ce n’est pas pour rien. Le groupe se traîne une réputation et pas des moindres, celle d’être un groupe « CULTE ». Pourquoi ? Pour plusieurs raisons, l’une parce que c’est le seul et unique album avec son bassiste emblématique Dave « Holocaust » Iannicca, qui sera assassiné le 1er janvier 88 par Robert Bedzyk.
Et L’autre raison, c’est qu’en 85, le combo frappait fort et bénéficiait de morceaux qui se démarquaient des autres groupes, car en général les autres formations s’inspiraient surtout de METALLICA et de SLAYER parfois même en allant jusqu’au plagiat.

DESTRUCTOR possède une rage palpable (cf : la voix criarde de Dave Overkill) et des riffs à couper le souffle et exécute ses titres à une vitesse assez rare à cette époque. D’ailleurs, à sa sortie, le disque fût assez bien accueilli par la critique et s’est plutôt bien vendu si je me rappelle bien mais tiré à peu d’exemplaires il est devenu rare à trouver en version originale mais votre serviteur a réussi cet exploit (Ouais je me la pète un peu).

« Maximum Destruction » est un condensé de violence brute mais toujours maîtrisée. Malgré un son pas terrible qui empêche de bien distinguer chaque ligne instrumentale, on ne peut que s’incliner devant cette furie musicale. Peu importe les titres, tous sont des hymnes fédérateurs que tout amateur de Thrash nerveux hurlera à s’en casser la voix comme « Maximum Destruction », « Destructor », « Pounding Evil » dont le riff sera repris par SACRED REICH (sur la chanson « Sacred Reich ») et VIOLENT FORCE (sur le titre « Soul Bursting ») mais je pense que c’est du hasard. Et puis, il y a « Iron Curtain ». LA pépite de l’album. Ni plus, ni moins. Mélodique et entraînant avec un break fantastique en plein milieu et une montée en puissance divine façon IRON MAIDEN. Comme j’aimerai oublier ce titre juste pour avoir la chance de le redécouvrir encore une fois…
Evidemment, on a quelques pépins comme l’instrumental « Instrumetal » qui tombe comme un cheveu dans la soupe et« Hot Wet Leather/Bondage » qui sont un bon cran en dessous du reste et qui ternissent la fin d’un disque qui aurait pu être parfait.

En conclusion, cet album sent son époque, le cuir, les clous, les vestes à patches. Le contenu est sincère, le groupe n’en rajoute pas des caisses et le rendu est quasi-parfait. Il mérite amplement son statut d’album culte et je le recommande à quiconque s’intéresse au Thrash de cette période que « Dieu » lui-même doit bénir. Un disque honnête qui aurait dû avoir un successeur mais le destin en décidera autrement et je pense que c’est ça qui à enterré le groupe dans l’oubli mais avec une notoriété que les aficionados du genre ne peuvent ignorer.

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