[Chronique] CHECKMATE – Immanence

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C’est parti pour une belle chronique à tiroir car croyez-moi, il y a des choses à dire non seulement à propos de cet album qui mérite d’être bien décortiqué mais aussi sur son contexte stylistique.

Déjà, je dois reconnaitre que je me suis intéressé très tard à CHECKMATE, déjà parce qu’à certain moment trop de promo tue la promo, j’ai tellement vu leur nom partout que ça m’a paru trop beau pour être vrai mais aussi car trop de gens on dit c’est bien c’est un peu dans le genre de GOJIRA.

Exactement ce qu’il faut pour tuer un groupe, le comparer au leader du segment, celui qui a créé la surprise, le groupe qui a réussi à convaincre son territoire et qui a réussi à se faire remarquer suffisamment pour trouver le soutien de petits gars comme James Hetfield. Alors oui, je ne vais pas le nier il y a des corrélations de style, mais il y a un rapport comparable à celui qui existe entre LOUDBLAST et METALLICA qui font du thrash .

Disons simplement qu’ils officient sous un même style global que l’on nomme en général métal moderne, il y a un matériel , des accords communs, des rythmiques communes et potentiellement des références communes mais non, CHECKMATE n’est pas COMMEGOJIRA.

En effet, CHECKMATE n’a pas balisé un style, il l’a digéré, on peut dire que GOJIRA a incorporé de nombreux éléments provenant du thrash et du death, c’est d’ailleurs probablement ce qui explique qu’ils sont particulièrement bien cooptés par les adeptes de ces styles, ils ont su moderniser la recette et surtout ils ont su la vendre.

CHECKMATE donc puisque c’est d’eux dont il est question ont intégré de manière flagrante les différentes composantes modernes du genre et piochent dans l’ensemble de la culture metal de leur génération, ils ne regardent pas derrière.

Au niveau de la technique et de l’expérience, ils n’ont rien à envier à personne.

Ils peuvent se targuer d’avoir tourné en Europe, aux Etats Unis, de s’être débrouillés sans l’appui d’un label, bref, ils se sont sorti les doigts du cul.

« IMMANENCE » est leur premier album et il a bénéficié d’un mastering par Alan DOUCHES (et elles n’étaient pas froides) qui a travaillé pour MASTODON, WHITECHAPEL et DILLINGER ESCAPE PLAN.

C’est ici particulièrement intéressant de citer ces références tant elles peuvent être perceptibles sur cet album et en particulier DILLINGER sur un titre dont nous allons reparler.

Détaillons un peu cet album, il est grand temps.

La force ou la faiblesse de cet album réside dans sa dualité. L’album contient 10 titres et quelque part il y a deux parties.

Nous ouvrons sur « DAYS SLIP BY », un titre qui ne renie pas un bon fond de culture hardcore avec recours aux passages intelligibles en voix claires. Ce morceaux pêche un peu par un excès de zèle puisqu’il se construit tout au long pour aboutir sur une très belle partie instrumentale, celle-ci est à mon sens un peu gâchée par une dernière minute de prolongation un peu monotone en comparaison, ce même morceau légèrement plus court aurait de manière évidente gagné en efficacité.

Je me sens un peu obligé de préciser ça pour vous dire que si la même impression vous prend, il faut absolument aller voir après.

Les 3 titres suivants gagnent en efficacité, moins de longueur, composition nickel chrome exécution et mastering béton mais trop peu de surprise.

Vient ensuite le titre « MOVING BACKWARDS », une minute d’un instrumental à la fois simpliste et pesant qui sert de parfaite introduction au très puissant « DESPITE THE YEARS ».

A partir de là on est top niveau et quelque part je m’autoriserai à dire que ça déchire ça race, putain c’est bon!

« BLANK PAGE »est pour moi le chef d’œuvre de cet album, autant dire que le titre ne colle pas au résultat, une intro rageuse, une entrée de batterie parfaite et une attaque vocale non moins parfaite, un morceau d’une rythmique sans faille, des contres rythmes, un passage instrumental ambiant d’une très belle influence jazz à la DILLINGER et on finit dans une belle atmosphère… à la GOJIRA un peu quand même.

Logique puisque cela introduit « FRAGMENTS » le seul vrai morceau instrumental qui pourrait se targuer de la comparaison.

« A MAZE » ultra rythmique, le genre slam obligatoire, il y a un peu de la  vibe (wesh wesh !) de SEPULTURA grande époque pour ceux qui y étaient. Plus moderne évidemment avec un beau passage instrumental quelque part orientalisant, c’est le second chef d’œuvre. On termine avec « BY ANY MEANS » sorte de morceau de violence autodégradable, je vous laisse comprendre cette appréciation par vous-même en achetant cet album et en l’écoutant.

Bon, je leur ai assez ciré les pompes comme ça, on conclut donc rapidement, cet album est très bon malgré quelques longueurs dans les premiers titres. Le reste est bien assez bon pour compenser avec deux morceaux que vous allez coller en boucle, c’est impossible de faire autrement.

CHECKMATE ne créé en soit rien de neuf mais il assemble terriblement bien les choses.

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1 commentaire sur “[Chronique] CHECKMATE – Immanence”

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