[Chronique] BLOOD OF KINGU – Dark Star on the Right Horn of the Crescent Moon

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bok

Note : 6/10

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Season of Mist

J’adore la mythologie Babylonienne ! Tout le monde couche avec tout le monde et/ou s’entretue. Kingu est un dieu de la mythologie Babylonienne. Il devient l’époux de Tiamat (déesse des eaux salées, qui est aussi sa mère… ) après qu’Apsu (son père qui, lui, était un océan souterrain… vous suivez ?) ait été tué par Ea (le maitre des eaux douces). Tiamat met son fils/époux à la tête d’une armée de monstres qu’elle a créée pour venger la mort d’Apsu. Mais finalement Tiamat et Kingu se font déglinguer par Marduk, le fils ainé d’Ea. Marduk coupe Tiamat en 2 et de son torse et sa tête, il crée les cieux et, de ses membres inférieurs, il crée la terre. Enfin, il crée les premiers hommes avec le sang de Kingu (blood of Kingu pour les non anglophones ou pour ceux qui n’auraient rien suivi). Sympa non ? Le décor étant planté, intéressons-nous maintenant à la musique et à cet album.

Dark Star on the Right Horn of the Crescent Moon : ouais cool un nom d’album à rallonge tout comme les premiers BAL SAGOTH ! Si si souvenez-vous en 1995 et 1996 avec A Black Moon Broods over Lemuria et surtout Starfire Burning Upon the Ice Veiled Throne of Ultima Thule. La grande classe ! Vite, je lance le premier titre et j’attends avec impatience la grosse voix narrative de Byron Roberts… mais elle ne vient pas car la comparaison s’arrête immédiatement. BLOOD OF KINGU joue bien du Black Metal certes, mais du Black Metal cru bien loin des sonorités symphoniques à grand coups de claviers des anglais. BLOOD OF KINGU nous vient du fin fond des forêts ukrainiennes et ça se sent ! Avec à sa tête le membre principal de DRUDKH, DARK AGES et HATE FOREST : Roman Saenko.

Après une très courte intro (tirée du film Mortal Kombat ?), « Crowned Scarlet Moon Is Waiting For Eclipse » lance les hostilités. Premier constat : ça joue vite et sans fioriture. Les guitares tranchent dans le vif et la batterie est follement martelée. Il me vient en tête l’image d’un malade mental qui se jette sur les murs capitonnés de sa chambre… La voix d’outre-tombe fait son apparition sans une once d’humanité. Avec l’ensemble des instruments et la voix on se rend compte que ça sature légèrement ; les cymbales et le charleston crachent un peu. Le son est très cru et manque un peu de relief. Les parties s’enchainent sans réelle transition et le morceau arrive à sa fin tel qu’il a commencé. Il y a tout de même une touche d’originalité dans cette voix ou ce souffle très grave sans discontinuité, comme une incantation, et dans l’apport de timbales qui viennent donner une autre dimension aux percussions.

« He Who Is Not To Be Named » arrive avec également sa courte introduction atmosphérique. Le schéma est le même que précédemment : on joue vite, fort et saturé avec toujours ces incursions de voix ou de souffle ainsi que les timbales qui viennent parsemer le morceau. En fait l’ensemble des titres de l’album se ressemblent. La rythmique est quelque peu répétitive du début à la fin, comme si le click du batteur était resté coincé sur 200 bpm lors de l’enregistrement. Il est quand même dommage qu’un batteur, qui semble avoir une très bonne technique pour jouer à cette vitesse là tout au long d’un morceau, ne puisse pas proposer plus de variété dans son jeu. Les guitares, quant à elles, ont l’air d’expérimenter des mélodies, un peu comme si chaque guitariste était à la recherche du bon riff, chacun dans son coin mais sans réelle cohérence. Il y a peut-être sur le titre « Mother Hydra » où elles proposent quelque chose d’un peu plus abouti. Le travail sur les guitares et les vocaux pourront peut être faire penser à un groupe comme ABIGOR.

L’album contient 2 titres purement atmosphériques « Red Star On The Path Of Ea » et « Prayer To The Gods Of Night » qui entourent un autre morceau classique : « Sigil Of The Watcher ». J’ai un peu de mal à comprendre la démarche, la logique de l’emplacement ou carrément l’utilité de ces morceaux… Ce sont des plages de sons rituels, sans doute des mythes babyloniens. Personnellement ça me fait penser au film Blueberry avec Vincent CASSEL (vous ne l’avez pas vu ? Bah franchement c’est pas grave…) où le héros rend visite aux chamanes pour être initié à un rite et qu’il se retrouve totalement défoncé à errer à la fois dans le désert et dans son cerveau… C’est sans doute la scène la plus chiante de ce film chiant. C’est peut-être un peu rude mais je ressens un peu la même chose à l’écoute de ces 2 plages instrumentales…

Vous l’aurez compris cette œuvre est destinée aux plus sauvages des fans de Black Metal. A ceux qui aiment son côté cru, âpre, brutal et presque dénué de mélodie. Là où DRUDKH propose une musique vraiment mélodique, j’ai le sentiment que BLOOD OF KINGU est le défouloir des idées les plus noires de Roman Saenko. Dark Star on the Right Horn of the Crescent Moon est un album authentique, réalisé par des passionnés qui n’essaient pas de suivre le dernier courant à la mode. Son écoute sera une expérience intense et puissante pour les personnes totalement dévouées à cet art sombre mais beaucoup plus pénible pour les fans plus avides de mélodies froides et envoûtantes.

Tracklisting

  1. Crowned Scarlet Moon Is Waiting For Eclipse
  2. He Who Is Not To Be Named
  3. Mother Hydra
  4. Enshrined In The Nethermost Lairs Beneath The Oceans
  5. Red Star On The Path Of Ea
  6. Sigil Of The Watcher
  7. Prayer To The Gods Of Night
  8. The Bringer Of Pestilence
  9. The Cycle Returneth

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