[Chronique] AUTOPSY – Severed Survival

Mike Elektrökuthör
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Il y a des crises au sein de certains groupes qui font que ça fout vraiment les boules et on se dit que c’est vraiment dommage. Mais quand Chris Reifert se prend la tête avec Chuck Schuldiner, et se barre pour mettre sur pied AUTOPSY, on ne peut que se réjouir que ça ait clashé entre les 2 fortes têtes. Car le batteur/chanteur va fonder un groupe dont le statut de formation culte n’est absolument pas usurpé. Il est même carrément justifié quand on entend des albums comme « Severed Survival ».

Si DEATH a su faire émerger un nouveau genre en associant les films gores au Metal, et en y ajoutant un aspect plus crasseux, AUTOPSY, lui, plonge carrément ses mains dans des tripes encore fumantes et sentant bon la putréfaction et fait sonner son Death Metal de manière encore plus glauque et malsaine. Oui, car « Severed Survival » est un album sale. A l’image de la pochette, on s’imagine vraiment dans ces hôpitaux désaffectées de films d’horreurs avec des chirurgiens qui ont troqué le diplôme de boucher contre une maîtrise de médecine et qui ne feraient pas la différence entre hystérectomie et un toucher rectal.
AUTOPSY joue avec les ambiances en apportant une touche différente au Death en y ajoutant une lourdeur inédite grâce à des rythmes lents mais très puissants, ce qui donne un regain de violence à chaque titre. Les vocaux de Reifert ne sont pas seulement gutturaux, comme on a l’habitude de l’entendre dans le genre, mais sont hurlés comme si ce dernier était à l’agonie et donne un côté inhumain à ses beuglements. Le mixage fait à l’arrache contribue beaucoup à cette ambiance poisseuse. Le jeu de basse de Digiorgio, chaque note de guitare qui semble se tordre de douleur, participe grandement à cet aspect crade de ce « Severed Survival », le tout sans la moindre supercherie superficielle.
Il suffit de jeter une oreille à « Charred Remains », qui ouvre le bal de l’horreur, « Ridden With Disease », « Disembowel » et « Gasping For Air » pour se retrouver déjà scotché au mur. « Service For A Vacant Coffin », « Severed Survival » et « Critical Madness » vous donneront la nausée tant leurs ambiances torturées prennent aux tripes.
Toute cette violence, même si elle semble désorganisée, est pourtant bien maîtrisée, à l’instar de CANNIBAL CORPSE qui, à la même époque, se contentait de juste faire du bruit en jouant sur l’imagerie gore. Malheureusement, AUTOPSY ne sera jamais aussi grand que ce dernier et c’est bien regrettable car la bande à Reifert mérite vraiment plus de reconnaissance que le gang de Webster.

« Severed Survival » est un album parfaitement équilibré et relativement facile à dompter pour peu que l’ont soit fan des premiers pas du Death Meta,l avant que le genre ne vire au n’importe quoi. Il n’y a pratiquement aucun moment faible, ni de titre plus faible par rapport à un autre, les textes sont travaillés et participent activement aux malaises que l’on peut ressentir à l’écoute de certains titres.
AUTOPSY signe là, un premier effort d’une qualité rare, qui aurait mérité d’attirer plus d’attention que ce qu’il a reçu à l’époque. Car c’est un disque qui peut regarder dans les yeux « Altars Of Madness », « Slowly We Rot » et « Leprosy » sans avoir à rougir.

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