[Chronique] ANIMALIZE – « Tapes From The Crypt »

Bernard-Henri Leviathan
Rating:

Il y a plusieurs années, alors que je m’apprêtais à monter sur la scène d’un festival en fond de cale de péniche, je rencontrais un mec venu du Sud (c’est à préciser parce que c’est toujours un peu bizarre les mecs venus du Sud, pour nous venus du Nord…) qui avait tout de la figure du frontman de Metal : de l’attitude à la prestation, en passant par la technique vocale. Ce mec, c’était Coyote. Il chantait à l’époque pour SENTIN’HELL.

Perdu un peu de vue depuis, la surprise est arrivée il y a quelques mois avec ANIMALIZE et son premier clip ! Cette vidéo résumait en moins de 5 minutes tout l’esprit, la direction et le niveau dont le groupe était capable et de ce qu’il allait mettre dans « Tapes From The Crypt », le premier 45 tours limité à 300 copies (Moi, par exemple, tu vois, j’ai le numéro 19. Je suis pas le premier mais j’ai quand même un peu de légitimité pour crâner !). Depuis l’EP est également sorti en format cassette (tendance revival du moment qui, au delà de l’objet de collection, me laisse un brin dubitatif) et CD.

1. L’esprit.

Pas besoin de chercher trop loin, le nom du groupe parle de lui-même. Au-delà du fait de faire pleinement référence à l’album de KISS de 1984, il transpire la férocité, l’énergie primale, le retour à l’état sauvage. Un coup d’œil rapide au logo, au visuel, au look des musiciens à la croisée entre la jeunesse de SLAYER, des GUNS, voire d’Alice COOPER, et – comble du paroxysme – un autre coup d’œil à la facétie du clip extrait d’une VHS, on sait à quelle époque trouver les racines du groupe !

2. La direction

Après l’intro à la « Wild Child » (W.A.S.P.) de « Meatnight Race », on s’engage sur un premier titre très Heavy-speed teinté de Glam, à la croisée entre un bon vieux HELLOWEEN et… allez, au hasard, un NITRO en plus couillu. La suite viendra revisiter les terrains séparant ces 2 références avec toujours un peu d’influences british et allemande dans les parages. Puis en face B, on passe sur l’héritage français du groupe et les intonations évoquent SORTILEGE, HIGH POWER, MALEDICTION ou encore BARBARA…. Oui, BARBARA… c’est bien le thème de l’ « Aigle Noir » qui apparait dans le solo de « Sous l’œil du Charognard », comme KILLERS a pu le faire en son temps.

3. Le niveau

Très en place, les chansons de cet EP mettent en évidence une belle maîtrise instrumentale, sauvage et expressive. Qu’il s’agisse de la voix et de la guitare bien évidemment, mais également de la basse et de la batterie, chacun a son petit espace de démonstration. Les miaulements suraigus de Coyote (me rappelant Katon W. DePena (HIRAX)), le beau travail d’harmonie et de couilles de l’orchestration confèrent une maturité déjà bien palpable à la musique du groupe.

Je reprocherai juste aux refrains un caractère d’évidence qui, certes, permet de faire mouche mais pourrait ouvrir la porte à une lassitude au fil des écoutes. Ceci n’est qu’une maigre critique. S’il n’y a rien de véritablement neuf à chercher dans la musique d’ANIMALIZE, on y trouve une belle réécriture de l’histoire en format classique qui trouvera assurément son public et sa place dans le paysage metallique français ! Un nom à retenir que vous verrez sans nul doute passer !

Share This:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *