[Chronique] ALEX CORDO – Origami

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
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Note : 7,5/10

 

Compte-t-on encore le nombre de mecs qui jouent de la gratte parce qu’ils sont tombés un jour sur un disque de Joe Satriani ? S’il est vrai qu’en 2016 la référence se fait malheureusement plus rare qu’il y a une ou deux décennies, Satriani c’est un peu comme Van Halen : une poignée de disques à la technique imparable, quelques tournées et voilà toute une tripotée d’enfants fleurissant de par le monde et se réclamant d’un héritage guitaristique pour le premier, ou génétique pour le second (Bon ok, guitaristique aussi pour le second, bien heureusement!!!).

Alex Cordo doit sans doute faire partie des rescapés de cette ère des fils prodiges. Ainsi, avec « Origami », il nous délivre un album uniquement instrumental dans lequel feeling et guitare chantante vont croiser les styles de Yann Armellino, Marc Battini (« Spirit Of The Stallion »… mince, si je me souviens bien, mon frère avait acheté cet album à « Planet Saturn » ! C’était une autre époque!) et, bien sûr, Professor Satch ! Forcément, dans le style, comment ne pas penser à « Surfing With The Alien » ?

Les 9 pistes que compose l’album font preuve d’une belle qualité d’écriture et si l’on sent les années d’école derrière ce violoniste de formation et connu des lecteurs de Guitar Part, l’émotion n’est jamais occultée par la technique. On retrouve quelques overdubs, des harmonisations et contrepoints bien pensés, héritages d’un répertoire classique puis plus large par la suite. Derrière, basse/batterie font le boulot pour porter au mieux, et dans des contrées variées, la dynamique des lignes de guitare.

Comme le disait Wolf Hoffman (ACCEPT), à propos de son récent album solo symphonique : « Faire de la musique instrumentale avec seulement de la guitare sans être ennuyeux est un exercice ardu. » Et c’est effectivement là toute la difficulté de la chose. Je dois reconnaitre que je peine souvent à rester attentif sur la durée d’un album de ce genre. Bien que l’histoire de la musique prenne pour beaucoup ses racines dans l’instrumental, nous sommes à une époque où le choix est tellement large qu’il me faut bien souvent une accroche au-delà de la guitare. Sur ce point néanmoins, Alex Cordo s’en sort avec les honneurs car il combat la lassitude en sachant bien varier les tempi, les ambiances et en balayant le spectre du Rock d’un titre à l’autre.

Ainsi, chaque piste a son atmosphère. « Straight » offre une entrée en matière énergique alors que « Above The Clouds » se fait plus calme, avec un bon groove dans lequel on retrouve le legato, marque de fabrique de Satriani – influence notoire que l’on retrouve également sur les phrasés ultra-mélodiques de « Hands Up ». On peut noter de très beaux plans, comme l’arrivée de la guitare toute en subtilité sur « Memories ». Des arpèges clairs et intenses parsèment « Himalaya », Alex Cordo sait jouer sur la corde sensible, en plus de ses 6 cordes. On imagine tout à fait un titre comme « Sunny Day For An Opossum » au programme du premier G3 pour faire la jointure entre le set de Satriani et celui d’Eric Johnson. « The Crash Test » emprunte un chemin un peu plus brutal en termes de rythmique et de fougue et « Time For Redemption », plus sombre, dissonant et reposant sur un plancher de basse solide et martelée, termine l’album en tenant l’auditeur en haleine.

Alex sait également donner matière à l’imagination. Un titre comme « Prism », par exemple, matérialiserait presque à sa simple écoute un ensemble de solides en lévitation.

Sans forcément y trouver l’adrénaline propre au genre Rock/Metal que nous adorons, Alex cordo fait preuve avec cet album d’une belle sensibilité, d’une juste musicalité et tout s’écoute simplement et facilement. « Origami » comprend des moments de grande technicité, mais surtout des moments fluides et légers, tranquilles, basés sur la notion de chanson. Car à ce stade de l’utilisation de l’instrument, on peut réellement parler de « chanson » ! Alors c’est sûr, à l’écoute d’un album instrumental nous pouvons parfois ressentir un manque que comblerait facilement une voix…  mais voilà qui enlèverait également tout intérêt à la démarche… forcément !

 

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A propos Bernard-Henri Leviathan
Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon ! Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,… et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux! Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal “Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc. Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire

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